Partager l'article ! Regard sur la violence: Les rentiers de la douleur des justes Pour prendre à la rappeuse française Diam’s sa construction, je dirai ...

| Mai 2012 | ||||||||||
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Les rentiers de la douleur des justes
Pour prendre à la rappeuse française Diam’s sa construction, je dirai qu’il ya trop de sang dans les journaux ! Des vols aux viols, les séries s’égrènent, les unes plus dramatiques que les autres. Un passant qui tranche les veines à un paisible agent des Douanes venu fêter, à Dakar, Noël avec ses parents. Faisant un crochet chez un ami mécanicien à Poste Thiaroye, il rencontre la mort. J’ai été atterré de lire, dans les colonnes de l’Observateur, l’alibi du tueur : « Je voulais le blesser pour lui prendre son, téléphone portable ». Le père de la victime se contentera, après un tour que j’imagine douloureux à la Brigade de la Gendarmerie de Thiaroye Gare, des habits de son enfant fauché par l’ignominie. Ailleurs, c’est un verre de trop qui envoie, sept pieds sous terre, un père ou un soutien de famille. C’est aussi un imposteur à la barbe et au chapelet kilométriques qui souille une enfant.
Le grand malade de ce pays, c’est la valeur incorruptible qui impose une frontière aux pulsions les plus fortes, à la tentation du Cfa. Ce pays ouvert est assailli par le cancer des sociétés peu préparées à exercer la liberté, toutes les libertés. Les caïds qui hantent nos nuits et nos journées ont le noir masque de Sénégalais en marge de leurs valeurs et d’étrangers en quête de No Man’s land dans un pays organisé. Pas de surprise donc que certains prennent des libertés, machette à la main et tuent de sang froid. Rien à faire, donnez le salaire de vos journées sans fin et de vos nuits blanches, faute de quoi, il vous sera servi un ticket pour l’enfer. Le sourire épanoui de vos enfants, ce grand mal n’en a cure !
Dans les extensions des nouvelles cités de Keur Massar, ces derniers temps, ça parle une langue étrangère pour les filles enlevées et promises au viol ou au sacrifice humain ainsi que le soutiennent certains. L’une d’elles s’est échappée sans pouvoir donner des indices propres à lever, au grand jour, la cagoule au dessus de la tête de ses kidnappeurs. A Keur Mbaye Fall, c’est un recruteur qui se paie l’épouse d’un brave homme, sous l’emprise de l’alcool et à l’aide d’un coutelas. Suprême offense, il soutient, à la barre, que l’épouse du soldat de feu, qui a tout raconté à sa moitié, était son amante ! Donc, chapeau au porte-parole de la Police nationale qui a soutenu, il y a quelques semaines, que les graines du mal ne sont pas semées par les seuls étrangers.
Le monstre est dans nos chaumières ! Le SOS fuse de partout. Des postes de police, des patrouilles, des effectifs suffisants pour les forces de l’ordre sont réclamés. La peine de mort est agitée. J’applaudis, je suis pour la vie des victimes… Il faut agir avant que les images de ceux que nous aimons aient comme seul point de fixation nos mémoires torturées pat la violence! Suer ce registre, j’ai adoré la réaction des habitants de Taïba, un quartier de Grand Dakar. Sans encourager la justice populaire souvent grosse de dérives, j’ai sauté de joie lorsque j’ai vu, à la télé, des hommes et des femmes déterminés à chasser, hors de leur périmètre, les trafiquants de drogue. La sauvegarde de la réputation du quartier était à ce prix. Dans les années 80, à Thiaroye, une expérience similaire a conduit au déménagement des prostitués et trafiquants en tout genre. Khouroumbouki était devenue Sante Yalla !
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