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| Mai 2012 | ||||||||||
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Faillites morales
L’AUTRE DÉLESTAGE - Sur les routes du monde, il a dû rencontrer la résignation, cette mauvaise conseillère qui désarme les chevaliers les plus hardis du combat quotidien. Il a arrêté sa marche à l’heure pile de verrouiller son véhicule, à l’orée des vestiges de la forêt, dans cette partie de Mbao. L’espoir a cessé de s’ouvrir à lui. Il a sevré sa foi en une vie meilleure en prenant, vendredi dernier, un bain morbide de carburant. A-t-il confondu son réservoir d’essence et son propre corps ? Que non ! Vivant, il n’a sans doute pas adoré le feu. Mourant, il brûle le feu de son existence avec la flamme du dernier soupir. Il n’est plus souvenu de son rapport à la patience. Il ne se souvient plus des vertus de l’endurance. Il s’est ouvert la porte du Royaume des Ombres sous le crépitement de la matière plastique, du fer, du coton, etc. Son tombeau est cet amas qui n’est même plus bon pour la casse. Le pick-up ne livrera jamais son dernier dialogue avec ce cadre de la Senelec. Le suicidé de Mbao s’est délesté de la vie en plein envol. Il est un des symboles d’une faillite morale. La presse lui a enfin donné un nom. Son véritable nom est, aujourd’hui, « Regret ».
Les morts-vivants - Dans le noir horizon de leur existence, d’autres ont pris le bain des flammes. Ils ont réduit en cendres leur rapport aux symboles de la République. Devant le Palais, ils ont dit au revoir à la vie. Ils ont souscrit à la tragédie des morts-vivants à qui aucune prière ne redonnait espoir. Torches humaines, ils n’ont pu éclairer que le vacarme qui les suit dans la nuit noire de leur dernier voyage. Ils n’ont pas pris le temps de compter tous les écorchés vifs attendant, reclus dans la pénombre, que la porte du jour daigne s’ouvrir. Ils n’ont pas recueilli la confidence des désespérés de la vie qui, résolument, s’accrochent à la naissance d’un espoir neuf. Ils ne se sont pas immolés, ces braves gens, contrairement à leurs frères qui, fragilisés par les épreuves quotidiennes, sont les actionnaires d’une entreprise dont ils ont brûlé le capital pour un cru peu vendeur. Demain, cette foule d’incertitudes, ne leur dira pas le bonheur de souffrir en silence, de crier et d’attendre que les fleurs portent les fruits interdits au désert des jours sans relief. Ces démissionnaires de la vie sont aussi les symptômes d’un mal-être. Lorsque la société regarde sa relève tourner le dos à l’avenir, elle consomme sa propre faillite. Cependant, la fin du monde serait arrivée depuis belle lurette si tous les naufragés économiques et tous les gardiens des décombres de l’espérance tutoyaient le feu pour en faire un passeport vers l’au-delà. Il faut d’abord exister pour rester debout et combattre toutes les raisons qui interdisent à l’homme de… combattre.
FANTÔMES EN MUSCLES - La vie est une arène où, quelquefois, les coups peuvent bien venir des arbitres. L’injustice est l’envers de l’étendard des champions, y compris les plus beaux ! Les acteurs se livrent à cette danse aussi longtemps que le sifflet sera agréable à leurs oreilles. Les recours doivent leur espérance de vie à la faillite aussi bien du coup d’œil que de la raison des juges. En d’autres occasions, les acteurs sont les pyromanes de leur propre capital honnêteté. Cette saison de lutte 2011, qui vient d’être close au plan sportif, ne se terminera jamais au plan moral. Elle fera date à travers un feuilleton juridico-administratif dans lequel, chaque jour livre le verdict de l’amateurisme et, parfois, de la tortuosité. Il n’y a que dans la République des ombres qu’on voit une danse sans danseur. On n’entend que des pas, des mains dans lesquelles tape un fantôme et un souffle. En muscles, elle est bien parée, la monarchie de la lutte, avec ses gladiateurs, son roi, son empereur, son khalife général, ses tigres, ses lions, ses ouragans, ses fous, ses obus, etc. En intelligence, elle est en passe de donner raison à ses contempteurs. C’est la seule monarchie où les argentiers improvisés ne sauront dire la destination de 20 millions de francs Cfa ! Ici, les protagonistes ont un surnom, un nom et un visage. Ils n’ont pas que les demeures de marabouts comme adresses. Ils ont une signature, même s’ils s’invitent régulièrement chez les « djinns » ! Ils sont Eumeu Sène, Atta Diatta, Gaston Mbengue, Luc Nicolaï, Tyson… Mais, ils ne sont personne ! Pis, deux « VIP » (Tyson et Eumeu) se comportent comme des ménagères à la borne-fontaine. Si cette affaire fait vomer en éclats Boul Faale, c’est parce que cette écurie avait ses fondations ramollies par l’appât du gain et les égoïsmes diffus. Comment de tels citoyens pourront-ils exercer une veille sur les deniers publics ? Dieu, prions pour leur Mutuelle qui risque l’immolation !
PS : Le nouveau plan de circulation est arrivé : ça roule gratos sur l’Autoroute à Péage et, sur la Nationale 1, la circulation est au prix de longues files de véhicules ! En quelques lignes, la semaine dernière, nous vous soufflions le désarroi du service public pris sous les eaux fétides pendant que le bijou tout en bitume allait être fermée à la gratuité. La gare n’a pas démarré ses activités, jeudi dernier. La nouvelle demande sociale a donné une idée à l’Etat : enjoindre l’entreprise concessionnaire, la Senac s.a, de différer le démarrage des activités. La perspective d’un engorgement est balayée par cette mesure opportune qui a soulagé particulier et services confrontés à l’effet d’entonnoir à partir de la passerelle reliant la Patte d’Oie aux Maristes. Comme la Police qui règlemente le trafic, le communiqué de l’entreprise concessionnaire est un joli coup de sifflet aux oreilles de ceux qui allaient baigner leur colère dans cette eau si nauséabonde. Conducteurs, roulez, prenez du plaisir, mais pensez à l’investisseur. Surtout pas de faillite !
Publié aussi sur le jpournal en ligne "lesenegalais.net"
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