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  • Le blog de Habib Demba Fall
  • : 26/06/2008
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 21:41

Duettistes en duel

TANN OR DIENG ET TENOR NIASSE - Sur la même piste, deux merveilleux danseurs ne peuvent synchroniser leurs pas que sur la même musique. Pour Bennoo, l’un et l’autre veulent remporter la même compétition pour la cause « Alternative » à l’Alternance. Seulement, ils se trémoussent, chacun de son côté, au son de leur propre composition : candidat à la candidature de la principale coalition de l’opposition. Ousmane Tanor Dieng a donné le la : il ne sera candidat que sous la bannière de Bennoo. Le Comité central, organe délibératif entre deux congrès, recadre son Secrétaire général : le Parti socialiste organise des Primaires pour désigner le profil aspirant au statut de porte-étendard de la coalition. Le signal est clair. Un : le Ps est déterminé à porter les espoirs de l’Opposition. Deux : la démocratie interne est un bréviaire chez Tanor et compagnie trainant, depuis 1996, une réputation d’usurpateurs portés sur son dos par le président Diouf, au détriment du canal historique socialiste incarné par Djibo Kâ, Moustapha Niasse, Robert Sagna, Mamadou Diop, etc.

Niasse avait une longueur d’avance dans la profession de foi excluant toute candidature hors du cadre unitaire. Sur le processus de désignation par ses camarades, il se retrouve dans une posture de rattrapage comparé à Tanor. La convention des jeunes de son parti est une assurance-génération pour lui. Il arbore l’éloge à la transparence et le pari d’être en phase avec la postérité. L’avenir du pays lui commande de prendre en charge le présent. Il ne se dérobe point. Enfin, il reconnaît à Tanor la stature de présidentiable. Il évacue toute idée de rivalité, avec l’adresse d’un acrobate sur une montagne russe tout en mots. De rivalité, il ne peut en être question entre un administrateur civil qui a connu ses heures de gloire lorsque le diplomate faisait ses classes. Leurs jeunesses respectives ont été si éloignées dans le temps et dans l’espace qu’une princesse aux yeux de braise ne pouvait les aveugler au point de les mener au duel. C’est Niasse qui parle, dans « l’Observateur ».  Un tango pour cet art de ne pas avoir l’air d’y toucher !

Parce que rien n’est encore perdu, personne ne veut perdre la sympathie des troupes du général d’en face. Chacun a l’œil sur le compte-à-rebours. Le comité des Sages a donné ses conclusions sans trancher le débat. Les vocables utilisés dans la presse sont éloquents : la « finale » ou le « verdict » sera pour le 31 octobre prochain. Il y a forcément un vainqueur et un vaincu dans ces seconds « primaires » qui ne disent pas leur nom. Le consensus recherché ne garantit pas au champion de Bennoo le vote des militants du leader arrivé deuxième. C’est la manche la plus cruciale entre ex-frères socialistes enrôlés par un cadre unitaire de l’Opposition. Le ténor Niasse devra en découdre avec la mouture plus humble de ‘’Tann Or’’ Dieng (le choix de l’or). Oui, qui a oublié l’un des slogans de la campagne des locales de 1996, un semestre environ après le « Congrès sans débat » ?

LES ENFANTS DU PERE WADE - Idrissa Seck n’a jamais renié la maison libérale. Il en a dénoncé l’appétit des convives que lui-même a démarchés et immatriculés au nom de l’élargissement de la base sociale de sa formation, le Parti démocratique sénégalais. En ces temps-là, le bal de l’Alternance ne s’était pas embourbé dans les chemins de la dualité. Sa fidélité déclarée à ‘’Maître’’ était sa cisaille de jardinier des rêves de l’inspirateur du Pds. Pour faire de la place aux vaincus, il saborde la Direction politique unifiée chère à Abdoulaye Bathily. « Ne pas donner à la fourmi la part de l’éléphant » était sa formule-choc, par un soir de sortie télévisée, scores électoraux (confidentiels) d’AJ, LD et PIT en évidence. Il ne se rendra compte de la méprise que lorsque, dans une réunion du Comité directeur que lui-même a qualifiée de « théâtre », les transhumants l’ont mis, une deuxième fois, à la porte de la Maison bleue. L’histoire a ses pied-de-nez. Il s’en gausse pour ironiser sur le maquillage défait par les grosses sueurs sur la façade du temple libéral. Entretemps, en 2007, il a fait un clin d’œil à Bathily via son « ami » Tanor. L’équipage, par un temps d’alliance « redoutable » au sein de la Coalition « Jamm », en direction des Législatives, ne résistera pas à un gros temps de méfiance. Les ‘’audiences de midi’’ (merci RFM !), au Palais de la République, n’ont pas suffi à jeter la lumière sur la crédibilité de Seck.

Le désormais ex-fils aîné cède la place à Macky Sall. Lui-même, dans un fort dépit, a quitté le perchoir après la Primature. Il trouve refuge dans le courant « républicain ». Ni de droite, ni de gauche. Il regarde, politiquement comme sur le plan symbolique, les champs à défricher pour se réaliser. En clair, il ne renie pas le libéralisme, il ne le magnifie pas non plus. Il trouve un accoudoir sur la ligne républicaine, tant dans sa forme de « résistance » que dans son équipée solitaire quasi-forcée. Il a un angle de tir : la « dévolution monarchique du pouvoir » de la même manière qu’Idrissa Seck avait sa formule de « maturation du fils biologique ». Il a été accusé, comme Seck, de placer ses hommes aux postes stratégiques, dans l’appareil d’Etat, dans le parti et d’avoir son agenda secret. Il n’a pas été un constructeur de formules-chocs, refusant d’endosser des ’’éléphants-blancs’’ ; il s’est contenté d’être un bâtisseur d’ouvrages en béton, au nom de la politique de grands chantiers de l’Etat. L’héritage libéral n’a jamais été un sujet de dissertation pour lui. Cela n’a jamais été un objet de passion politique. Ni actionnaire ni « numéro un après le numéro un », il s’emploie à « massifier » l’Alliance pour la République. Bennoo ne l’adoube pas ; son ex-formation ne lui convient plus comme instrument de conquête du pouvoir, même s’il en aime les pépites « vertueuses ». Sur le terrain, il semble avoir une longueur d’avance sur Seck ; dans la course à la suprématie au sein de la famille libérale, il a des foulées à faire pour contrer le maire du Thiès. Il assume une divergence principielle avec le président Wade et ouvre la porte à une possible candidature sous le label libéral. A une condition : que les Bleus du Pds virent au jaune et mauve de l’Apr ! Cela s’appelle, pour les Libéraux, la rente du désastre. L’autre duel de ‘’frères’’ prend forme.

HDF

Par Birima - Publié dans : Chroniques de la vie
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