Présentation

  • Le blog de Habib Demba Fall
  • : 26/06/2008
  • : Voyages Musique Cinéma Livres Théâtre Loisirs
  • : Si vous pensez que la vie est un long poème, vous pourrez vous plaire à humer le bol d'air et le parfum d'appel à un humanisme debout et sincère qu'exhale ce blog. Vos attentes, vos émotions, mes mots et mes espérances sont le lieu où fusionne le monde de nos rêves, un monde ouvert à tous les vents de générosité. Bonne lecture.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : Le blog de Habib Demba Fall

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 21:38

La Jamahiriya perd son visage

Dans sa splendeur, il s’est choisi une vie ; dans la décadence, il s’est aussi choisi une mort. Jusque dans la tragédie d’un héros solitaire, Kadhafi aura accompli deux rêves : vivre en héros et mourir en martyr. Jeune, son orgueil le porte à la hauteur des causes émancipatrices. Il s’adosse à l’histoire de sa famille qui a pris une part active à la lutte contre les Italiens. Il est fasciné par l’Egyptien Nasser, icône de la nationalisation du Canal de Suez. A 17 ans déjà, il initie ses « premières activités révolutionnaires » avec ses camarades de l’école de Sebha. Sitôt le diplôme en droit obtenu en 1963, il prend le chemin de l’Académie militaire de Benghazi. La marche vers sa révolution commence pour emporter le Roi Idris 1er, le 1er septembre 1969. Sa trajectoire et l’histoire de sa famille sont convoquées lorsque la tempête de feu frappe les bases de sa « démocratie directe » dans la foulée du ‘’Printemps arabe’’. Créée en 1978, la Jamahiraya, qui le fait passer du titre de « président » à celui de « guide », chancelle.

Kadhafi a toujours revendiqué sa part de légitimité dans le passé, le présent et l’avenir de la « terre de (ses) ancêtres ». Adorer la Libye, y vivre et y mourir sous l’arme de l’étranger sont devenus comme des dévotions pour lui. Acculé, il s’exile dans ses propres certitudes de résistant. Le rapport des forces lui est défavorable. Le monde est resté sourd aux vertus de l’organisation du peuple en comités révolutionnaires et aux réponses à la demande sociale. Le contexte mondial fait bouger les lignes des revendications populaires. Les nouvelles demandes démocratiques légitiment un devoir d’assistance et relèguent, au second plan, la calculette qui consacre la bonne santé des agrégats économiques. Le bien-être n’est plus, simplement, dans l’assiette ; il est dans le souffle apaisant de cette envie de liberté(s). L’ingérence a le quitus d’une mission salvatrice. L’Otan déploie ses ailes dans le ciel de Benghazi. Une révolution s’affaisse. Reste à effacer le visage de ce système de gouvernance. Kadhafi met plusieurs semaines à prendre la balle fatale. Les lois de la géopolitique le savaient fini mais les règles militaires se faisaient un point d’honneur à l’achever, comme un symbole de fin de parcours pour sa révolution populaire.

Il savait bien qu’il allait mourir ou s’en sortir. Cette dernière hypothèse s’effondre sous l’intensité des bombardements et la montée en puissance du Comité national de Transition. Sa capacité de riposte clouée au sol, il retrouve l’isolement, la grande prison du monde dit libre. Il est un habitué de ces geôles depuis les années 80, au lendemain du bombardement de Tripoli et Benghazi par les Etats-Unis et les attentats de Lockerbie. Puis, il a entrevu la réhabilitation sur la scène internationale avec la suspension des sanctions de l’Organisation des Nations-Unies. Il avait donné des gages, à travers la fin de son programme d’armes de destruction massive. Le monde a en mémoire sa réception à l’Elysée et l’indignation de Rama Yade devant la tente du bédouin au cœur de cette France héritière  des Lumières.

Kadhafi a pris le chemin des solitaires. Le CNT lui prend les habits de la légitimité. Il est comme un fantôme ayant laissé sa puissance dans le souvenir de la crainte qu’il inspirait. Les portes des Palais africains se ferment. Dans cette Afrique, il s’est livré à des promenades fumantes, comme sur la bande d’Aouzou, au Tchad, en 1973. Il y a une réputation de bâtisseur d’un idéal panafricain mais, aussi, de démolisseur de quiétudes à travers l’appui supposé à des groupes révolutionnaires. Le rêve fédérateur s’effondre. Il n’a pu le réaliser dans le monde arabe ; il n’en sera pas le témoin en Afrique. Il restera juste une ligne dans le conte si la mémoire des accomplissements démocratiques n’efface ses élans de révolutionnaire.

HDF

Par Birima - Publié dans : Inter Carnets
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés