Lundi 16 mai 2011
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Justifié, ce Programme
d’ajustement… sensuel pour DSK?
Comme dans un film. Un suspect repéré, traqué et cueilli au moment où l’avion s’apprêtait à décoller de l’aéroport JFK de New York.
Comme dans un film. La fiction, cette fois, ne met pas en scène un forçat anonyme. Sur la pellicule des
metteurs en scène de l’information qui se mue rapidement en buzz et attraction du prime time, il s’agit bien du Directeur général du Fonds monétaire international. DSK, de ses
initiales, paie la note. Elle est amère. Pire que les deux millions de dollars avancés comme éventuelle caution pour la
jouissance de sa liberté jusqu'au procès. Cette situation semble indifférer les Etats-Unis.
En « dit tout haut », la France s’émeut de cette terrible nouvelle sous le lexique du chaos : « coup de
tonnerre », « nouvelle stupéfiante », « désastre », etc. La Gauche, sous la houlette de Martine Aubry et Ségolène Royale, se veut unie, sereine et responsable ; la
Droite s’accroche au cours de la Justice, à la prudence et l’Extrême Droite, à travers les rafales de Marine Le Pen, sonne la charge contre cette célébrité qu’elle présente comme poreuse à
une certaine « fragilité » voire la « perversité ». En ligne de mire, ce que la France dit « en non dit » (clin d’œil à cette bêtise des quotas de Noirs et Beurs
dans les centres de formation du football avec lesquels le monde ne verrait pas un Mozart du pré comme Zidane faire honneur à la Marseillaise !), ce sont les incidences sur la politique. Le
sens de la retenue n’a d’égale que les sous-entendus sur l’image de la France perlant dans le discours des officiels de l’Hexagone briefés par l’Elysée.
DSK n’est ni un Noir encore moins un Arabe. Ce n’est pas ce propos qui détermine le débat dans ce cas-ci. Il est un Socialiste battu
aux primaires de sa formation politique en 2006 mais qui, miraculeusement ( ?), est plébiscité par les sondages comme vainqueur à la présidentielle de 2012 face à l’« Hyper
président » Sarkozy. Il est surtout un économiste hors pair qui a fait ses preuves par temps de crise. Les ajustements et appuis en faveur d’un pays aussi éprouvé par le marasme économique
que la Grèce sont à inscrire dans ses faits d’armes. Hélas, menottes aux mains, les poils poussant, drus, depuis soixante-douze heures que dure le
supplice public, l’un des hommes les plus influents au monde découvre les douleurs de la solitude. Elle peut s’émouvoir, crier, argumenter, manifester sa solidarité, mais la foule, dans le sens
fusionnel et affectif du terme, s’arrête aux portes du box dé »couvert sur les écrans du monde entier et en boucle.
La Justice américaine a ému la France qui ne connait pas ce voyeurisme. Cette Amérique, qui vient de proposer le spectacle de la fin de Ben Laden
alors qu’elle a caché ses morts du 11 septembre 2001 à la curiosité des chaînes câblées, a offert le live de la descente aux enfers d’un surdoué qui blanchit avec le talent et l’autorité
académique des élus d’une bonne fée. Devant cette épreuve du Droit américain, le pedigree quasi-universel est de vain effet. La Juge a d’ailleurs rappelé aux avocats de DSK que ce dernier ne
serait pas plus important qu’un autre prévenu. Ce qu’on sait déjà en acceptant la complaisante vérité de voir un des grands de ce monde, presque appelé à assumer une charge sacerdotale en 2012,
retrouver sa fille et tous les enfants de sa France sur les chemins de nouvelles espérances. Le temps est loin d’être son allié, lui qui gambade vers les primaires au sein de son parti et le
choix du prochain locataire de l’Elysée au printemps prochain. Locataire d’une petite prison new yorkaise (au moins jusqu’à ce vendredi et la réunion
d’un grand jury devant statuer sur sa mise en liberté), DSK (sur la photo, ci-dessus, avec son épouse, la journaliste Anne Sinclair) subit, comme naguère les pays souffrant de crise économique,
son Programme d’ajustement… sensuel. Il ne serait pas « structurel », osons-nous espérer… Qu'elle bascule vite, une vie!
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